Sortie du rapport annuel d’Amnesty International
vendredi 15 juin 2012, par Jean | Ecrire à l'auteur |
"Le vent tourne pour la tyrannie et l’injustice" a constaté Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International (AI) en faisant le bilan de l’année écoulée, pendant laquelle les pays arabes ont connu d’importants soulèvements. Pour en finir avec les violations des droits humains en Tunisie, en Egypte et en Lybie, AI a proposé un "Programme pour le changement". Celui-ci avait pour but de réformer le système judiciaire, garantir une participation politique démocratique, promouvoir les droits des femmes, mettre fin à l’impunité et abolir la peine de mort. Ce programme a été renforcé par un manifeste "Dix mesures pour les droits humains" . Si ces recommandations n’ont pas été toutes suivies d’effet , force est de constater qu’un profond changement a eu lieu et que le peuple n’a plus peur. Ces conflits et les transferts d’armes qu’ils ont générés, ont donné à AI l’opportunité de dénoncer le manque de transparence du commerce des armes, en particulier légères, et d’engager un débat pour soutenir et promouvoir un Traité sur le Commerce des Armes (TCA) qui devrait être adopté par les Nations Unies en juillet 2012 .
Les violations des droits humains entretiennent et aggravent la pauvreté que la campagne d’AI "Exigeons la Dignité" s’est donné pour mission de combattre. Cette campagne, lancée en 2009, soutient les populations dont les droits sont bafoués par les entreprises pétrolières et les gouvernements , comme c’est le cas dans le delta du Niger où AI fait pression pour que les entreprises et le gouvernement nigérien indemnisent les populations concernées. De la même manière, l’organisation se bat pour faire respecter les droits des habitants des bidonvilles victimes d’expulsion et pour que soit assuré leur relogement , qu’il s’agisse du Caire, du Cambodge ou de Port Harcourt .
Sur tous les continents, AI se bat pour le respect des droits des réfugiés, des migrants et des demandeurs d’asile. Elle veille à ce que les Etats tiennent leurs engagements au regard des textes internationaux, en particulier sur la question des personnes déracinées. On compte actuellement 16 millions de réfugiés dans le monde, 80% se trouvent dans des pays en développement, la France est au 11ième rang des pays d’accueil de l’Union Européenne pour 2006-2010 et en 2011, seuls 9 Etats de l’Union Européenne ont accueilli des réfugiés venus de Libye , originaires d’Afrique sub -saharienne ou du sud-est asiatique.
Contre toutes les formes de violence, que leurs auteurs soient privés ou étatiques, AI est guidée par les mêmes principes : combattre l’impunité, renforcer la justice internationale et défendre les droits fondamentaux . Elle s’est efforcée de faire cesser les violations commises au nom de la lutte contre le terrorisme : détentions arbitraires, tortures et disparitions forcées, autant de crimes à dénoncer, tout comme la demande de fermeture du camp de Guantanamo. Alors que 2011 marque les trente ans de l’abolition de la peine de mort en France, Ai lutte pour que tous les pays en fassent de même . En 2011, 140 pays avaient aboli en droit ou en fait la peine capitale, 58 ont encore recours à cette pratique .
Alors que le droit international et européen condamne les discriminations, les pratiques inégalitaires et liberticides persistent dans le monde entier. Lesbiennes, gays , bisexuels, transgenres, (LGBT) sont des millions à être victimes de discriminations en Turquie où les violences à leur encontre sont souvent niées par les autorités, en Europe de l’Est où les Marches des fiertés sont menacées ou à haut risque. En France, en Europe Centrale et en Bulgarie les Roms sont chassés, expulsés, leurs enfants victimes de ségrégation scolaire, autant d’atteintes aux droits humains fondamentaux qui sont dénoncées et combattues par AI.
En cette année 2011, des millions de personnes sont descendues dans la rue , ont exprimé leur gigantesque espoir de liberté et de justice. La répression la plus brutale semble aujourd’hui incapable d’étouffer ces pressantes revendications. Les dirigeants de la planète sont clairement confrontés à ces exigences d’une nouvelle gouvernance fondée sur le respect des droits fondamentaux de la personne.
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